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Commentaire de gestion - Mars 2018

Les marchés d’actions ont connu un début d’année euphorique avant d’effacer l’ensemble de leurs gains de façon brutale, la plupart des indices affichant au 1er trimestre des replis plus ou moins significatifs. Les interrogations sur le retour de l’inflation dans le monde consécutif à la hausse de l’inflation salariale aux Etats-Unis, ont ébranlé l’optimisme des investisseurs qui s’étaient jusque là focalisés sur le « scénario idéal » d’une croissance mondiale synchronisée revue sans cesse à la hausse.

Le risque d’une guerre commerciale, après les décisions unilatérales des Etats-Unis et la réplique chinoise, participe aussi à ce regain d’inquiétude. Son impact, dans une économie mondiale très globalisée, serait sans doute très significatif mais les dernières déclarations du Président Xi Jinping faisant état d’une « nouvelle phase » d’ouverture de l’économie chinoise, ne valident pas le « scenario du pire » mais militent au contraire pour une renégociation apaisée des conditions d’échange avec la Chine.

Si les données macro-économiques et les toutes premières publications trimestrielles des entreprises continuent d’adresser des signaux positifs, la conjoncture, qui avait atteint des sommets en fin d’année, ralentit progressivement. Une modération des dépenses des ménages et une stabilisation de l’investissement productif pèsent sur le cycle manufacturier, sans que l’on observe une décélération de l’activité dans les services. Une évolution particulièrement visible en Europe où les PMI (indices des directeurs des achats) ont connu une chute brutale, accentuée par la baisse de l’euro.

Si n’on ne peut encore parler à ce stade d’inflexion du cycle économique, les résultats trimestriels qui seront prochainement publiés devraient permettre de mesurer plus précisément l’ampleur du phénomène. Globalement, nous nous attendons à une nouvelle croissance des profits qui devrait permettre le retour de la confiance chez les investisseurs et favoriser ainsi la reprise des marchés actions dont les excès de valorisation ont été absorbés par les baisses récentes.

Par Philippe de Cholet