L’année 2025 s’est achevée dans un environnement international particulièrement complexe, marqué par une situation géopolitique toujours très tendue, des échanges commerciaux perturbés par la hausse des droits de douane et une intensification de la compétition technologique, notamment dans le domaine de l’Intelligence Artificielle ou les Etats-Unis et la Chine sont engagés dans une lutte effrénée au leadership mondial.
Dans cet environnement incertain, les marchés actions ont paradoxalement bien résisté au dernier trimestre (+2,5% pour le Stoxx 600 Europe) en prolongeant la tendance haussière amorcée début août. Les principaux indices affichent au 31 décembre des performances (en euros) globalement satisfaisantes (MSCI World +6,77% - S&P 500 +3,95% - Euro Stoxx 50 +18,3% - Dax 40 +23% - FTSE 100 +21,5%), même si le CAC 40, par rapport à ses pairs européens, enregistre un certain retard (+10,4%) imputable au poids du Luxe dans l’indice, toujours pénalisé par le ralentissement de la croissance en Chine, et à la situation budgétaire française.
Une fois n’est pas coutume, les actions européennes, portées par l’avancée des pourparlers de paix en Ukraine, des politiques budgétaires volontaristes (notamment dans le secteur de l’armement) et une politique monétaire accommodante, ont légèrement surperformé les actions américaines, ces dernières restant quelque peu « groggy » après le regain de volatilité du mois de novembre dû aux craintes sur les valorisations du secteur technologique. Une évolution encourageante qui peut également s’expliquer par les valorisations raisonnables des actions européennes, nettement plus attractives que celles des actions américaines (14,2x les bénéfices 2026 estimés sur l’Euro Stoxx 50 contre 22x les bénéfices estimés sur le S&P 500).
Les actions américaines ont-elles pour autant épuisé leur potentiel de hausse ? Probablement pas car la bonne tenue des marchés actions en 2025 a été en grande partie alimentée par la vigueur de la croissance américaine. Ressortie au 3ème trimestre à +4,3% en rythme annualisé, celle-ci devrait être en mesure de se prolonger au 4ème trimestre, comme en témoignent les chiffres publiés durant les fêtes de fin d’année, ainsi que les investissements des entreprises maintenus à des niveaux très élevés, notamment dans le domaine de l’Intelligence Artificielle.
Concernant le segment obligataire, les dernières déclarations de Jérôme Powell ont calmé les ardeurs des investisseurs en matière de baisse des taux. Après avoir annoncé début décembre une baisse de 0,25% de son taux directeur, le Président de la Fed s’est volontairement montré très prudent quant à de possibles futures baisses des taux, considérant que le niveau actuel des taux directeurs (situés aujourd’hui entre 3,5% et 3,75%) était suffisamment restrictif pour lutter contre les pressions inflationnistes qui restent à ce stade maîtrisées. Une position qui, si la croissance américaine devait s’avérer cette année aussi vigoureuse que l’an dernier (scénario probable compte tenu des baisses d’impôts à venir et de l’importance des investissements projetés dans le secteur technologique), pourrait amener la Fed à clôturer son cycle d’assouplissement monétaire.
Lest but not least, l’envolée de l’or – mais aussi d’autres métaux précieux - mérite d’être soulignée. Avec une hausse du prix de l’once de +64% en dollars l’an dernier, soit une hausse de +91% en deux ans, l’or a plus que jamais retrouvé son statut d’actif refuge face au risque géopolitique, à l’affaiblissement du dollar et des politiques budgétaires expansionnistes génératrices d’inflation. Une combinaison de facteurs favorables qui devrait probablement perdurer en 2026 et amener l’or à franchir de nouveaux records.
Par Philippe de Cholet



